Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 08:01
photoTR2.jpg  Pour tous les auteurs que j'interroge, une constante : l'écriture devient, à un moment donné, une évidence, un besoin incontournable.
Aujourd'hui, j'ai envie de vous présenter un auteur qui exerce son talent dans divers domaines, dont le fantastique. L'un de mes domaines de prédilection...

Mêmes questions... Voyons comment Thierry y répond...

Depuis quand écris-tu ? Pourquoi ? un déclencheur ?
J'en ai toujours eu envie. A l'école primaire, on me demandait de faire des textes libres. J'écrivais des petits romans-feuilletons d'aventures. J'ai tenu une fois 11 semaines de suite avec l'un d'entre eux. Je n'envisageais pas d'autre métier que celui d'écrivain, toute autre activité n'aurait pu être qu'alimentaire. A ce jour, je vis de ma plume et j'en suis fort heureux.

Définis le mot "écriture"...
C'est une forme d'existence, une forme de vie, voire un art de vivre. L'écriture, tout comme la musique, est ce qui rapproche le plus les gens, ce qui conduit vers l'humanisme, mais aussi ce qui permet de s'affirmer en tant qu'être pensant et agissant comme il l'entend. C'est donc la forme la plus évidente de la liberté.

 


L'écriture est-elle une passion ? En as-tu une autre ? Si oui, sont-elles liées et en quoi ?
Oui, bien sûr, c'est une passion. Je dirais même que c'est ma vie en elle-même. Mon autre passion aurait pu être la comédie, mais je n'ai que rarement eu l'occasion de la jouer. Je me rabats donc sur l'écriture.

Comment écris-tu ? le soir, la nuit, tout le temps ? Sur le papier, direct sur l'ordi ?
J'écris constamment et souvent tard dans la nuit. J'ai évolué d'un premier jet à la main Volontaires_Front.jpg sur cahier d'écolier pour reprendre ensuite à la machine à écrire, jusqu'à l'arrivée de l'ordinateur qui m'a permis d'éliminer la phase brouillon.

Ton univers littéraire (ce que tu lis, ce que tu détestes lire)
Je lis un peu de tout : un auteur est avant tout un grand lecteur ! Je ne saurais dire que je déteste telle ou telle production littéraire, toutes méritent leur chance. Il y en a simplement que je préfère : le roman historique, le polar, les grandes sagas...

Présente-toi succinctement. Présente ton livre, ton univers.
Je suis né à REMIREMONT (VOSGES) en 1960. Je me consacre à la littérature depuis l’âge de 15 ans. Sociétaire des Gens de Lettres de France, j'ai publié mon 1er ouvrage à 21 ans, j'en suis actuellement à mon 24ème ouvrage publié. D’abord enseignant, j'ai fondé en 1999 l’entreprise SCRIBO (www.scribomasquedor.com) qui s’occupe de diffusion de livres, de conseils littéraires aux auteurs désireux d'être publiés, d’édition avec sa filiale : les Éditions du MASQUE D'OR, de formation en français/anglais et d’un atelier d’écriture. J'ai publié des romans, des recueils de nouvelles, des récits historiques, ainsi que de nombreuses nouvelles en revues et sur Internet.

piaf_Front.jpg  Quel est ton rapport à tes personnages ? Les aimes-tu ou pas, gardes-tu un certain recul par rapport à l'histoire ou pas? Difficile de mettre le point final à tes histoires?
Mes personnages sont mes enfants, réels ou imaginaires parce qu'ils font partie de ma vie dès qu'ils entrent dans un de mes récits. Je n'ai pas de difficulté à mettre le point final car, en me relisant et en voyant les gens me lire, je constate que mes enfants de papier vivent plusieurs vies. C'est exaltant !

Définis ton style d'écriture
Je m'efforce d'avoir un style personnel sans extravagance. Je raconte comme un conteur, avec la religion du mot juste et celle des images particulièrement parlantes. J'essaie d'avoir des élégances de style sans être pédant. C'est un art difficile où il faut constamment se renouveler : écrire un nouveau livre, même quand on a de l'expérience, demande toujours beaucoup de travail et d'efforts.

Facile ou compliqué d'être lu ? Comment appréhende-ton ton travail d'écriture autour de toi ?
J'ai eu un accueil mitigé de mes proches, surtout de ma famille qui ne se croit pas toujours obligée de me lire. Je compte surtout de très bons amis parmi les autres auteurs, notamment ceux que j'ai aidés à se faire publier grâce à ma petite entreprise SCRIBO.

Quel genre littéraire a ta préférence ? Pour quelles raisons ? (poésie , romans ?... ) Tu as un univers de plume très diversifié; en général les auteurs se cantonnent à un ou deux genres. Que t'apporte tel ou tel genre ?
Mon genre de prédilection est le roman historique. C'est pour des raisons culturelles et parce que je suis un vrai rat de bibliothèque : j'adore fouiner dans les vieux grimoires et Internet est aussi une source inépuisable ! De plus, les énigmes de l'histoire sont si passionnantes !

Tes sources d'inspiration : le quotidien ?
Le quotidien pour ce que j'appelle "les oeuvres de l'instant" (telle chose vue m'inspire couv-Joker.jpg telle histoire). Pour le reste, ce serait plutôt les mystères à rechercher ou les sources historiques à interpréter.

Ta manière d'écrire : au fil de la plume ? avec une trame et un cadre très structuré ? Pourquoi ?
Avec une trame, mais pas forcément en commençant par le premier chapitre. Je suis très ordonné mais, si j'ai envie d'écrire tel chapitre avant tel autre toujours d'après une trame pré-constituée, je le fais. Il suffit ensuite de veiller à ce que tout se rejoigne dans le récit.

Ton autre passion, la comédie : l'écriture n'est-elle pas une forme de comédie ? Comédie jouée pour les autres et pour soi ?
Je voulais dire : le théâtre. J'aurais voulu être acteur. L'écriture n'est pas une comédie puisqu'elle permet de révéler le fond de sa personnalité.

Je ne vais pas conclure mais vous proposer, à présent, de lire un extrait de son roman, La voix de Kharah Khan... Juste le début pour vous donner l'eau à la bouche...

...

 

 

 Tous les halls d’aéroport ont en commun, du point de vue affectif, de susciter en vous deux sentiments extrêmes, au choix : cafard ou exaltation. Tout le monde a pu le constater dans sa vie, soit en l’éprouvant personnellement, soit en observant la physionomie de tel ou tel voyageur. Il est même fréquent que ces deux extrémités sentimentales se retrouvent chez des personnes unies par des liens très forts. Paradoxal, vraiment ? Pas si sûr : considérez plutôt ces deux-là...


            Oui, regardez-les bien, ces deux amants, cet homme et cette femme, jeunes et avenants, qui se font face dans le hall d’Orly. Aucun doute de leurs affinités : s’ils étaient personnages de BD, le dessinateur leur ferait échanger de jolis cœurs tout rouges, en une sorte de flux continu. Et pourtant, il ne pourrait s’empêcher de représenter ce détail incongru : l’une garde un visage grave, bien qu’elle tente vaillamment de sourire, tandis que l’autre n’a pas à se forcer pour en arborer un du plus bel effet. Conclusion : ils ne partent pas ensemble. Mais on s’attendrait plutôt, dans ce cas, à une scène pudique d’adieux faussement maîtrisés – car il est toujours mal vu de montrer ses sentiments en public, dans ce que l’on nomme la civilisation.

            Assez observé. Soyons indiscrets jusqu’au bout et écoutons ce qu’ils se disent :

            – Tu es le roi des mufles, Bob ! Tu me quittes pour six mois et on dirait que tu montes au Ciel !

            – Tu me connais, Marina : je ne suis pas capable de cacher mes sentiments !

            Ils se regardent encore tous deux, bien en face... puis éclatent de rire avant de tomber dans les bras l’un de l’autre.

            Vous voyez ? Leur genre à eux, c’est de ne respecter la tradition qu’au terme d’une période provocatrice. On peut analyser ainsi leur attitude... Mais je vous propose plutôt de continuer notre petit espionnage... jusqu’à la fin de cette histoire, si vous avez toujours envie de la suivre.

            Qui sait ? Sans doute ne le regretterez-vous pas !

            Pourtant, j’ai tout de même l’impression que quelques explications préliminaires ne seraient pas superflues...

            Alors, faisons une chose tout à fait inhabituelle : fixons le joli front de Marina, puisque Marina il y a et lisons carrément dans ses souvenirs...

 

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            Dès le début de l’année 2002, la fin de l’intervention militaire américaine en Afghanistan révéla au monde l’affreuse misère qui affectait les différentes tribus composant la nation afghane. Vingt années de guerre, plus six de dictature fanatique avaient fait de ce pays l’un des plus pauvres du monde – sinon le plus pauvre – et les opérations armées antiterroristes venaient de lui porter le coup de grâce. Tout, absolument tout manquait à ce peuple pour prétendre à une place au sein de la communauté internationale, en tant que pays moderne ou, tout simplement, en tant que nation représentative. En effet, les carences en nourriture, dispensaires, moyens de communication et infrastructures industrielles ne pouvaient qu’accentuer les rivalités entre ethnies et rendre quasi-impossible l’établissement d’une nation au sens économique et même politique du terme. En outre, comme on daignait enfin s’en apercevoir en ce tout jeune XXIème siècle, misère rimait fréquemment avec terrorisme...

            Il devint donc rapidement évident que, pour pouvoir considérer l’Afghanistan comme un partenaire de discussion avec l’Occident, il était indispensable de l’aider à se reconstruire, dans tous les sens du terme, même si cette reconstruction nationale était estimée, au bas mot, à 15 milliards d’euros. C’est pourquoi les États-Unis, de par leur position d’agresseur et de vainqueur, organisèrent un nouveau « Plan Marshall », analogue à celui dont avait bénéficié en 1945 l’Allemagne ex-nazie. Toutes les nations membres de l’Alliance Atlantique contresignèrent la Charte Hensinger – du nom de l’inventeur du fameux plan –, qui décrivait notamment les moyens à mettre en oeuvre pour relever le pays de ses ruines.

            Pour ce faire, il fut évidemment nécessaire d’appeler sur le terrain de nombreux techniciens issus des nations occidentales membres ou alliées de l’OTAN. C’est ainsi qu’une foule de jeunes ingénieurs et administrateurs tout frais émoulus de diverses grandes écoles américaines et européennes se portèrent volontaires, visiblement grisés par l’attrait de cette cause humanitaire, qui ne pouvait manquer de représenter à leurs yeux une sorte de croisade du XXIème siècle. Les gouvernements durent mettre un frein à ce trop grand zèle. On ne recruta qu’un nombre infiniment plus restreint – « le strict nécessaire », critiquèrent divers journaux – de ces volontaires dont nul, en vérité, ne contestait les capacités techniques mais qui ne pouvaient, vu leur nombre et leur carence de formation, constituer les spécialistes dont on avait un urgent besoin.

            On créa alors une école spécialement équipée, sise officiellement à Berlin, pour assurer l’initiation de ce corps technique sans précédent que les médias surnommèrent presque immédiatement les Croisés. Il fallait, en utilisant les méthodes d’apprentissage les plus récentes, former ces modernes héritiers des aventuriers médiévaux à une existence pénible, dans un pays difficile, où tout était à créer, à diligenter, à instaurer. « Une répétition générale de l’ensemencement de la planète Mars ! », osèrent ironiser certains chroniqueurs de la presse écrite, du fait que l’aventure en question faisait l’objet de critiques particulièrement acerbes de la part de divers groupements hostiles à toute forme d’impérialisme...


... sur le site de l'auteur... http://ecrivainthierryrollet.e-monsite.com/

Christine Brunet
www.christine-brunet.com
www.aloys.me
www.passion-creatrice.com
Par Christine Brunet - Publié dans : littérature - Communauté : LES AMIS DE MES AMIS
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