Partager l'article ! Thierry Rollet : "L'écriture est une forme d'existence, une forme de vie, voire un art de vivre"...: Pour tous les auteurs que j'interroge ...
Pour tous les auteurs que j'interroge, une constante :
l'écriture devient, à un moment donné, une évidence, un besoin incontournable.
sur cahier d'écolier pour reprendre
ensuite à la machine à écrire, jusqu'à l'arrivée de l'ordinateur qui m'a permis d'éliminer la phase brouillon.
Quel est ton rapport à tes personnages ? Les aimes-tu ou pas, gardes-tu un certain recul par
rapport à l'histoire ou pas? Difficile de mettre le point final à tes histoires?
telle histoire). Pour le reste, ce serait
plutôt les mystères à rechercher ou les sources historiques à interpréter.
...
|
Tous les halls d’aéroport ont en commun, du point de vue affectif, de susciter en vous deux sentiments extrêmes, au choix : cafard ou exaltation. Tout le monde a pu le constater dans sa vie, soit en l’éprouvant personnellement, soit en observant la physionomie de tel ou tel voyageur. Il est même fréquent que ces deux extrémités sentimentales se retrouvent chez des personnes unies par des liens très forts. Paradoxal, vraiment ? Pas si sûr : considérez plutôt ces deux-là... |
Oui, regardez-les bien, ces deux amants, cet homme et cette femme, jeunes et avenants, qui se font face dans le hall d’Orly. Aucun doute de leurs affinités : s’ils étaient personnages de BD, le dessinateur leur ferait échanger de jolis cœurs tout rouges, en une sorte de flux continu. Et pourtant, il ne pourrait s’empêcher de représenter ce détail incongru : l’une garde un visage grave, bien qu’elle tente vaillamment de sourire, tandis que l’autre n’a pas à se forcer pour en arborer un du plus bel effet. Conclusion : ils ne partent pas ensemble. Mais on s’attendrait plutôt, dans ce cas, à une scène pudique d’adieux faussement maîtrisés – car il est toujours mal vu de montrer ses sentiments en public, dans ce que l’on nomme la civilisation.
Assez observé. Soyons indiscrets jusqu’au bout et écoutons ce qu’ils se disent :
– Tu es le roi des mufles, Bob ! Tu me quittes pour six mois et on dirait que tu montes au Ciel !
– Tu me connais, Marina : je ne suis pas capable de cacher mes sentiments !
Ils se regardent encore tous deux, bien en face... puis éclatent de rire avant de tomber dans les bras l’un de l’autre.
Vous voyez ? Leur genre à eux, c’est de ne respecter la tradition qu’au terme d’une période provocatrice. On peut analyser ainsi leur attitude... Mais je vous propose plutôt de continuer notre petit espionnage... jusqu’à la fin de cette histoire, si vous avez toujours envie de la suivre.
Qui sait ? Sans doute ne le regretterez-vous pas !
Pourtant, j’ai tout de même l’impression que quelques explications préliminaires ne seraient pas superflues...
Alors, faisons une chose tout à fait inhabituelle : fixons le joli front de Marina, puisque Marina il y a et lisons carrément dans ses souvenirs...
aaa
Dès le début de l’année 2002, la fin de l’intervention militaire américaine en Afghanistan révéla au monde l’affreuse misère qui affectait les différentes tribus composant la nation afghane. Vingt années de guerre, plus six de dictature fanatique avaient fait de ce pays l’un des plus pauvres du monde – sinon le plus pauvre – et les opérations armées antiterroristes venaient de lui porter le coup de grâce. Tout, absolument tout manquait à ce peuple pour prétendre à une place au sein de la communauté internationale, en tant que pays moderne ou, tout simplement, en tant que nation représentative. En effet, les carences en nourriture, dispensaires, moyens de communication et infrastructures industrielles ne pouvaient qu’accentuer les rivalités entre ethnies et rendre quasi-impossible l’établissement d’une nation au sens économique et même politique du terme. En outre, comme on daignait enfin s’en apercevoir en ce tout jeune XXIème siècle, misère rimait fréquemment avec terrorisme...
Il devint donc rapidement évident que, pour pouvoir considérer l’Afghanistan comme un partenaire de discussion avec l’Occident, il était indispensable de l’aider à se reconstruire, dans tous les sens du terme, même si cette reconstruction nationale était estimée, au bas mot, à 15 milliards d’euros. C’est pourquoi les États-Unis, de par leur position d’agresseur et de vainqueur, organisèrent un nouveau « Plan Marshall », analogue à celui dont avait bénéficié en 1945 l’Allemagne ex-nazie. Toutes les nations membres de l’Alliance Atlantique contresignèrent la Charte Hensinger – du nom de l’inventeur du fameux plan –, qui décrivait notamment les moyens à mettre en oeuvre pour relever le pays de ses ruines.
Pour ce faire, il fut évidemment nécessaire d’appeler sur le terrain de nombreux techniciens issus des nations occidentales membres ou alliées de l’OTAN. C’est ainsi qu’une foule de jeunes ingénieurs et administrateurs tout frais émoulus de diverses grandes écoles américaines et européennes se portèrent volontaires, visiblement grisés par l’attrait de cette cause humanitaire, qui ne pouvait manquer de représenter à leurs yeux une sorte de croisade du XXIème siècle. Les gouvernements durent mettre un frein à ce trop grand zèle. On ne recruta qu’un nombre infiniment plus restreint – « le strict nécessaire », critiquèrent divers journaux – de ces volontaires dont nul, en vérité, ne contestait les capacités techniques mais qui ne pouvaient, vu leur nombre et leur carence de formation, constituer les spécialistes dont on avait un urgent besoin.
On créa alors une école spécialement équipée, sise officiellement à Berlin, pour assurer l’initiation de ce corps technique sans précédent que les médias surnommèrent presque immédiatement les Croisés. Il fallait, en utilisant les méthodes d’apprentissage les plus récentes, former ces modernes héritiers des aventuriers médiévaux à une existence pénible, dans un pays difficile, où tout était à créer, à diligenter, à instaurer. « Une répétition générale de l’ensemencement de la planète Mars ! », osèrent ironiser certains chroniqueurs de la presse écrite, du fait que l’aventure en question faisait l’objet de critiques particulièrement acerbes de la part de divers groupements hostiles à toute forme d’impérialisme...
Des projets encore et toujours...
=> Des interviews:
* celui du photographe Marc Sergent
* celui de Silvana Minchella et Jean-Jacques Oppringils
* celui de Yann Kervran
=> Fiches de lectures :
- Bertrand Borie "L'aigle et le lion", tome 2,
- "Le bonheur est dans le conte" d'Anne-Marie Jarret-Musso
- "Bizarreries en stock" d'Alain Magerotte
- "Nouvelles de l'Est" de Gauthier Hiernaux
Qui veut répondre à mes questions ???
Envie de postuler? De parler de vous, de votre univers? link