Partager l'article ! Fabrice Effère : l’écriture des mots est notre inépuisable source de magie, elle peut infliger une blessure et être à la fois notre plus préci ...
Fabrice Effère, c'est un look, une rencontre, un univers et bien plus comme vous allez le
découvrir au fil de ses réponses...
Une rencontre ? Mais oui, sur facebook puis alors que j'étais en dédicaces au grand Cercle à Eragny. Il a la passion de l'écriture et du voyage, une approche engagée qui m'interpelle. Voilà le pourquoi de cet interview...
Je lui pose des questions auxquelles il répond en allant à l'essentiel.
Allez, tout d'abord, Fabrice, une petite présentation ?
Mon nom est Fabrice , j’ai 44 ans, divorcé et père d’un garçon de 16 ans. Quant à ma vie,
elle se résume depuis douze longues années avec tristesse en un seul mot : solitaire. J’écris
depuis 10 ans.
Bon... Je vous avais prévenu... Fabrice est des plus succinct... Tu me définis le mot
"écriture",s'il te plait ?
L’écriture pour
moi est une porte qui s’ouvre sur un arbre magique dans le grand jardin de
l’esprit et dont les fruit sont les mots qui, une fois cueillis et mis bout à bout, expriment se
que l’on a de plus profond en soi.
Par ailleurs,
quelqu’un m’a dit un jour que l’écriture des mots est notre inépuisable source
de magie, elle peut infliger une blessure et être à la fois notre plus précieux remède. J’aime
beaucoup cette théorie.
Et pourquoi écris-tu ? un déclencheur ? Ecris-tu pour toi ou pour les autres ?
J’écris pour coucher sur le papier toutes les
D’abord j’écris
pour moi, par besoin, par passion. Une passion tellement forte, d’un besoin
très maladif, qu’il m’arrive parfois de ne pas en dormir. Mais si cette passion là peut
également servir à donner du plaisir aux autres lorsqu’ils me lisent, alors je peux dire que
cela me réjouit et me motive doublement et pour eux, juste pour eux, je suis prêt à faire le
sacrifice du sommeil pour leur apporter à jamais ce plaisir.
Facile ou compliqué d'être lu ?
Difficile, très
difficile. Pour deux raisons : d’abord, ce n’est pas évident d’écrire des histoires,
des contes, des poésies dans un style qui vous est propre et de plaire ou d’intéresser un
grand nombre de lecteurs. Mais avant cela, il faut trouver ce grand nombre de lecteurs
justement, et là j’en arrive à ma deuxième raison, c’est qu'en France, il est très difficile de
réussir à se faire publier et diffuser. Je pense avec beaucoup d'amertume que la littérature
française est
fermée, réservée à l’élite pour raison d’éthique et financière. Mais dans ce
cercle fermé, il faudra bien un jour laisser ouvrir les portes aux petits auteurs que nous
sommes, pour ne pas voir ce cercle se refermer sur lui-même. Par conséquent, il est
primordial, nous, auteurs non confirmés entre guillemet, de persister à écrire.
D'autres passions ? Ont-elles un lien avec l'écriture ?
J’aime l’art dans toute sa dimension, comme : la peinture, la musique, la sculpture, la
comédie, et l’histoire qui sont à mon sens des passions très proches de celle de la littérature
même si elles n’ont, entre elles, aucun lien direct.
En même temps, je trouve que toutes ces passions forment entre elles à l’unisson une
énorme bibliothèque de savoir.
Mais mon autre passion est sans conteste celle que j’affectionne particulièrement depuis
l’âge de huit ans. Une passion sans détour, sans répit pour le Brésil et l’Amazonie, dont
mon engagement personnel est sans limite.
Et donc, transition habile,
j’en arrive à ta
huitième question : Suis-je un auteur engagé ?
(voilà qu'il prend ma place !!!! )
Si on prend en compte ce genre d’engagement personnel, alors oui, je suis un auteur
engagé.
Maintenant, je ne suis pas très sûr que l’on puisse me considérer comme un vrai auteur
engagé car selon moi, les vrais auteurs engagés sont ceux qui écrivent uniquement pour
défendre des
causes qui leurs sont chères à longueur de leur vie et qui, grâce à leurs écrits,
grâce à leur notoriété font évoluer les choses de façon positives à l’intérieur des causes
qu’ils défendent. Et là, forcément, ça répond directement à ta question de savoir s’ils ont
des obligations ou des devoirs puisque cela fait partie de leur engagement principal. Voilà,
c’est pour ça, selon moi, que je suis très loin d’être un auteur entièrement engagé.
Je reprends la main... Définis ton style, s'il te plait...
Je n’ai pas de style à proprement dit, puisque je suis très éclectique en matière de
littérature, aussi bien en tant qu’auteur que lecteur mais en revanche, j’adore les défis et
pour moi, passer de l’écriture d’un roman d’amour et d’aventure comme celui que je viens
de faire paraître à celui d’un polar glauque, fait parti d’un grand défi et bien entendu, en
matière littéraire, ces deux romans sont écris dans des styles différents.
Je poursuis mon investigation...Es-tu un auteur
perfectionniste (relectures multiples,
etc.)... quelle proportion prend ton travail de documentation dans celui de l'écriture ?
Très perfectionniste ! D’abord, j’écris trois à quatre pages le même jour. Puis, une fois
terminé, je fais une première relecture sur écran avant d’imprimer ces pages, car selon moi,
une lecture sur écran est très différente de celle sur papier. En outre, cette dernière est
beaucoup plus décisive, tranchante, sur nos choix de correction et d’amélioration.
Ensuite, lorsque le roman est terminé, j’imprime tout et là, un long travail de correction et
de peaufinement commence.
Après cela, j’envoie le tout à ma grande sœur institutrice qui relit et corrige une nouvelle
fois avec soin pour parfaire certains détails, certains points d’incohérences que je n’aurais
pas remarquer. Ceci dit, je
pourrais relire plusieurs fois mon travail à des moments
différents ou
même à des années différentes, ça
n’y changerait rien, je serais toujours insatisfait et je serais capable de l’écrire d’une autre
façon.
D’ailleurs, je ne sais plus qui a dit : que pour nous auteurs, un point final à beau être posé,
un roman n’est jamais vraiment achevé.
Quant à mon travail de documentation, il prend une place énorme selon le thème mais il
faut avouer que nous avons aujourd’hui un outil merveilleux : l’Internet; il constitue une
énorme richesse de
savoir et contribue à notre recherche en divisant le temps par trois.
Pourquoi avoir choisi le récit
et la prose pour exprimer ta passion ?
On n’invente
pas une passion à soi on nait avec cette passion en soi. Pour certains, selon
moi, elle sommeille sans jamais se réveiller et pour d’autres elle est exprimée à fond par
amour et par besoin. Quant à moi, je suis un petit cousin germain d’un romancier/poète,
Ernest Pérochon qui a obtenu le prix Goncourt de 1920 pour Nêne… Alors, pourquoi ai-je
choisi le récit et la prose ? Parce qu’une infime partie du sang de cet auteur coule dans mes
veines; il n’était donc pas anormal de retrouver en moi le germe de cette passion, qui a
éclos, et que je cultive aujourd’hui pleinement.
Y at-il des thèmes que tu n'aborderas jamais ? si oui, pourquoi ?
Oui, il y a un thème que je
n’aborderai
jamais, celui da la guerre du Liban. J’y ai participé, je l’ai vécue et j’en suis revenu meurtri
très longtemps par des visions morbides. Alors, pour ne pas réveiller de nouveau toutes ces
morbidités, qui dorment grâce, notamment, à une longue thérapie, jamais je n’en parlerai.
Dernière question, si tu veux bien... Facile ou difficile de mettre
le point final à un texte ?
En fait, on aurait très souvent, nous, auteurs, une tendance à écrire sans mettre le point
final pour éviter de quitter trop vite nos personnages avec lesquels on devient très
complice
et dont on ressent pour eux, à la longue, un profond attachement mais, ne pas rédiger une
fin n’aurait aucun sens. Est-ce facile, difficile ? Plutôt difficile, parce qu’on a toujours peur
qu’elle soit trop brutale et qu'il subsiste toujours en nous le doute de savoir si elle plaira ou non.
J'aimerais conclure par l'une des phrases de Fabrice... "On n’invente pas une
passion à soi on nait avec cette passion en soi". A méditer, qu'en pensez-vous ?
Christine Brunet
www.christine-brunet.com
www.aloys.me
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Qui veut répondre à mes questions ???
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